Avec ou #SansMoiLe11Mai ? La réouverture des écoles dans un mois divise dans l’opinion

Les oppositions, qui instruisent à charge le procès de la gestion de la crise par l’exécutif, ne se sont pas privés de la critiquer, en particulier la mouvance d’extrême-gauche, pour qui celle-ci n’est autre qu’un sacrifice de la santé des professeurs, des enfants et de leurs familles pour « faire la garderie du Medef »”
avec ou #sansmoile11mai ? la reouverture des ecoles dans un mois divise dans l’opinion

Selon un sondage Elabe rendu public aujourd’hui, les différentes mesures annoncées par Emmanuel Macron lors de son allocution lundi soir recueillent l’assentiment des Français. Si certaines d’entre elles, à l’instar de la mise à disposition des masques au grand public ou la généralisation des tests pour toutes les personnes présentant des symptômes suscitent une très large adhésion dans l’opinion après plusieurs semaines de polémiques et de débats, il n’en va cependant pas de même de la réouverture progressive des crèches, des écoles, des collèges et des lycées à partir du 11 mai prochain. Avec seulement 15% de répondants “très favorables” et 40% de répondants “favorables”, la mesure recueille une courte majorité chez les Français. Elle est dans le même temps celle qui suscite l’opposition la plus marquée : 16% des Français s’y disent “très défavorables”.

La mesure ne fait pas que crisper de larges franges de l’opinion, elle suscite également la mobilisation la plus forte de la part de ses détracteurs. Sur le hashtag #11mai apparu lundi soir, et qui a suscité plus de 10 192 tweets uniques (hors retweets) depuis le discours présidentiel, dont plus de 6 000 pour la seule journée d’hier, la réouverture des écoles apparaît de surcroît comme l’un des sujets les plus importants en terme de volumétrie dans la conversation globale. Les tweets utilisant le hashtag et mentionnant des mots clefs relatifs au monde de l’éducation (élèves, profs, Jean-Michel Blanquer, lycées, etc.) s’élèvent à près de 3 500 mentions uniques, et comptent ainsi pour plus du tiers des retombées globales. Dans le flux des commentaires apparaissent d’abord des critiques émanant du monde médical ou encore des témoignages d’enseignants exprimant leur désaccord à l’égard de la mesure. Les oppositions, qui instruisent à charge le procès de la gestion de la crise par l’exécutif, ne se sont pas privés de la critiquer, en particulier la mouvance d’extrême-gauche, pour qui celle-ci n’est autre qu’un sacrifice de la santé des professeurs, des enfants et de leurs familles pour « faire la garderie du Medef ». La salve de communiqués et de prises de position des différents syndicats, d’enseignants et de lycéens, et celles venant du monde politique montrent que les acteurs traditionnels de la contestation émanant de la sphère éducative sont bien décidés à s’emparer de la question. Certains d’entre eux alimentent la mobilisation autour du hashtag #SansMoiLe11Mai qui, avec 625 tweets, est encore modeste, mais agrège depuis lundi les expressions de mécontentements et apparaît candidat pour s’imposer comme un futur mot d’ordre.

Ces militants trouveront, à n’en pas douter, un écho certain dans l’opinion, au risque d’aviver les inquiétudes autour du déconfinement en général, en cristallisant l’intérêt de l’opinion autour du sujet sensible de la santé des enfants, et de l’opposition mise en scène entre santé et économie. Le sujet représente en particulier une opportunité pour les oppositions, bien décidées à engager le bras de fer avec le gouvernement et le monde économique en sortie de crise.

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article précédent
“stop covid”, le techno-determinisme en marche

“Stop Covid”, le techno-déterminisme en marche

Article suivant
le tribunal judiciaire de nanterre a-t-il dit “stop amazon et son monde” ?

Le tribunal judiciaire de Nanterre a-t-il dit “Stop Amazon et son monde” ?

Dans la même catégorie
tiktok
En savoir plus

TikTok, who cares ?

Un écosystème informationnel digitalisé qui, contrairement à ce que d’aucuns ont trop souvent laissé entendre, n’est aucunement bottom-up, mais up-up, bien que cette dernière formule soit bien peu élégante. Élus, journalistes, patrons de fédération, intellectuels, influenceurs et investisseurs font et défont les entreprises, les dirigeants et les carrières. Le reste n’est que de la littérature qui ne devrait pas dépasser les manuels pour communicants, dont se détourner n’est jamais la plus mauvaise des décisions dans une carrière professionnelle.